C’est quoi le féminin de fantômes ?

La reprise de SOS Fantômes (Ghostbusters), film à succès de 1984, a déchaîné certains internautes. Pas vraiment pour la qualité – ou l’absence de qualité – de ce reboot, mais parce que l’équipe entièrement masculine d’origine est remplacée par des héroïnes. Que des femmes à la une donc, et en plus loin des stéréotypes que l’on croise le plus souvent dans ce genre de divertissement. Il n’en fallait pas plus pour que le sexisme de nombre d’internautes se réveille.Soyons claires : ce film est loin d’être un chef d’œuvre. Et pourtant j’en suis sortie ravie. Tout simplement parce que c’est non seulement un bon divertissement, mais aussi parce qu’il rend l’égalité femmes-hommes simple et limpide. On est loin ici des super-héroïnes de Marvel, et ça fait du bien. Les femmes de l’équipe ne passent pas leur temps dans des vêtements sexy, dont l’unique utilité serait de satisfaire les pulsions voyeuristes des spectateurs. Elles ont visiblement plus de 20 ans et ne portent pas du 36. J’aimerais ne plus avoir à préciser cela, surtout que ça n’est nécessaire que pour les actrices et pas pour les acteurs, mais malheureusement c’est encore exceptionnel.

Et la présence des héroïnes à l’écran se passe d’un sauveur / bienfaiteur masculin. Elle est simplement légitime en elle-même. Et cela se traduit dans le temps de parole : pour une fois, ce ne sont pas les hommes qui s’expriment en priorité. Et ça aussi c’est exceptionnel, même si on rêve de ne plus avoir à le signaler.

Ces partis pris, qui n’ont pourtant rien de révolutionnaire, ont suffi à susciter des réactions hostiles. Comme si la moindre atteinte, même virtuelle, à la domination masculine était insupportable. Et ces attaques sexistes se sont doublées de harcèlement raciste à l’encontre de Leslie Jones, qui incarne l’une des quatre héroïnes du film.

Alors oui, ça fait du bien de regarder un tel film, je me suis bien amusée pendant deux heures, mais le retour à la (cyber)réalité reste une épreuve

Une réflexion sur “C’est quoi le féminin de fantômes ?

  1. En complément, un regard sur la réalité du cinéma contemporain pour les femmes.
    Le logiciel GD-IQ, comme Geena Davis Intelligent Quotient, permet de calculer le temps de parole et de présence des rôles féminins au cinéma : les femmes sont trop souvent réduites au silence…
    Pas de surprise, mais il y a parfois des évidences qu’il faut continuer à asséner…
    L’absence de possibilité d’identificaton, tant pour les filles que pour les femmes, est un facteur non négligeable d’invisiblisation des femmes. Les stéréotypes transmis par les films ou les séries télévisées ont au moins autant de poids (voire plus !) que nos luttes féministes. Pour le meilleur comme pour le pire.
    A retrouver sur : http://www.scoop.it/t/feministes-pour-un-monde-meilleur

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