Manifestation de réfugié-es climatiques au Bangladesh

Réchauffement climatique : la menace du nationalisme

Voici quelques jours, le milliardaire Donald Trump, candidat aux primaires républicaines, a annoncé que, s’il était élu président, les États-Unis se retireraient du protocole de Paris sur le climat. Ce n’est pas une menace anodine, puisque Trump est désormais assuré d’être le candidat officiel du parti républicain lors des élections présidentielles. Cette déclaration est cohérente avec son nationalisme raciste et xénophobe : il s’agit d’affirmer que les États-Unis ne laisseront pas briser leur économie par des considérations climatiques.

C’est aussi une manière de flatter les préjugés de son électorat. Le scepticisme sur le réchauffement climatique est devenu une donnée culturelle majeure au sein de la droite américaine. On ne peut pas réduire cela à l’ignorance ou à la bigoterie : une partie des Américains, pas forcément les plus riches, ne sont pas prêts à changer leur mode de vie au nom de la sauvegarde de la planète et de l’espèce humaine. Citoyens d’un pays qui domine encore pour quelques temps le marché mondial, ils peuvent être tentés par un repli aussi aveugle qu’égoïste. Derrière un habillage évangélique ou pseudo-scientifique, l’idéologie du climato-sceptique est une manière illusoire de défendre leurs intérêts matériels. C’est bien cela que Trump leur promet. Mais surtout, il ménage les intérêts immédiats des capitalistes, magnats du pétrole et du gaz de schiste.

Le protocole de Paris, issu de la COP21 en décembre 2015, vise à maintenir le réchauffement de la planète en dessous des 2°, notamment par la réduction des émissions des gaz à effet de serre. Il n’a pas manqué d’être critiqué pour ses insuffisances. De fait, il n’implique aucun véritable mécanisme contraignant, si bien qu’il repose uniquement sur la bonne volonté des États, et parmi eux, les plus gros pollueurs : États-Unis, Chine, Inde, Brésil, Canada et Russie. Si bien que si l’un d’entre eux se retire, ou ne tient pas ses promesses, le climat continue de se réchauffer, avec des conséquences catastrophiques pour les plantes, les animaux, le niveau des océans et pour l’humanité toute entière. Les réfugiés climatiques, dont le nombre croît chaque année, se multiplieront.

Le climat n’est pourtant pas une question nationale. On ne peut la traiter qu’au niveau planétaire. Il n’y a rien de plus irresponsable que le nationalisme climatique. L’action que l’humanité exerce sur le climat est globale, et chaque jour le décalage s’accroît un peu plus avec le corset de frontières dans lequel on la tient.

On atteint là un paradoxe dramatique. Les États-Unis ne cessent de se targuer d’être le pays de la démocratie. Mais si la démocratie est le droit de nous prononcer sur les affaires qui nous concernent, pourquoi est-ce que nous ne pouvons pas participer à l’élection du président des États-Unis ? La politique américaine a un impact sur le climat, sur les guerres, sur les réfugiés, sur l’économie… Chaque jour, les décisions politiques des États-Unis affectent notre quotidien. Mais, en vertu de la « souveraineté » des États, nous n’avons pas notre mot à dire.

L’urgence climatique nous guette. Il est plus que temps de donner à l’humanité une véritable existence politique, qui dépasserait les états-nations actuels et permettrait de mettre en œuvre des solutions planétaires. Il est plus que temps de réorganiser l’industrie et l’énergie, non plus sur la base du profit à tout prix, mais du bien-être de l’humanité dans un environnement préservé de manière durable.

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