Sortir de l’agriculture intensive ?

L’agriculture intensive est un système de production agricole qui repose sur l’usage massif d’engrais chimiques, de traitements herbicides, de fongicides, d’insecticides, de régulateurs de croissance, de pesticides… Ce mode de production agricole dominant en France comme ailleurs dans le monde fragilise (voire met en péril) l’environnement. De nombreux problèmes liés à l’utilisation massive des engrais, sont identifiés, dont la pollution des eaux et l’épuisement des sols.

À la fin des années soixante, en France, les remembrements, pour donner des surfaces plus larges et plus regroupées ont durablement modifié le paysage rural. Haies arrachées, fossés supprimés et remplacés par des réseaux de drainage, chemins ruraux élargis aux dimensions des engins agricoles ne sont que les plus voyantes modifications paysagères. Ce prétendu modernisme ne fait qu’aggraver ces atteintes à l’environnement et il n’est pas rare de constater que pour quelques heures annuelles de gain de temps ou pour quelques dizaines de mètres carrés de production en plus, arbres, fossés et chemins ruraux paient un lourd tribut à la course au productivisme. Faune et flore y ont parfois perdu toute possibilité de vie. Broyage des habitats en lisière des parcelles, utilisation de produits chimiques, ont eu raison de nombre d’animaux et d’insectes. Dès les premiers orages, les sols sont délavés et emportés sans possibilité de fixation – d’où des inondations – et ne reste peu à peu qu’un support mort pour une production artificielle tributaire d’engrais et autres traitements chimiques.

Reste que la transformation de la production vers une agriculture respectueuse de la nature ne se pose pas qu’à l’échelon local voire micro-local. Aujourd’hui, tout n’est pas parfait dans le développement actuel de l’agriculture biologique, qui n’est pas vertueuse « par nature ». En effet, ce n’est pas une démarche globale. La transformation du système agraire nécessite non seulement un effort de transition considérable, impliquant notamment l’évolution de la recherche agricole, la formation des paysan-nes, l’amélioration des conditions de travail des paysan-nes et de leurs salarié-es dans l’ensemble du monde.

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