Bayrou et la « moralisation de la vie politique »… ou le nouveau ravalement de façade

Le gouvernement Macron/Edouard veut « moraliser la vie politique » via le nouveau projet de loi « pour la confiance dans notre vie democratique » présenté par François Bayrou. Mais, comment avoir « confiance dans la vie démocratique » et parler de la morale quand celles et ceux qui luttent contre les licenciements et le recul de nos droits se retrouvent en prison et ceux qui licencient au parlement ? Quand celles qui luttent pour les droits des femmes et contre la violence machiste font face à des procès, alors que les violeurs et harceleurs participent dans l’élaboration des lois ? Quand on s’acharne contre les militant-es antiracistes, les personnes solidaires des réfugié-es, pendant que les racistes et antisémites arpentent les couloirs au plus haut sommet de l’Etat ?

Bayrou a donc présenté son projet de loi de moralisation de la vie politique, dite « pour la confiance dans notre vie démocratique « .
Pour résumer, à quelques exceptions près comme « la banque de la démocratie », il s’agit d’un copier coller des règles de déclaration et de contrôle de l’Union Européenne, bien plus strictes qu’en France.

Mais voilà, les élus français au sein du parlement européen ont réussi à contourner même ces règles-là. Dans l’affaire des assistant-es parlementaires, une enquête préliminaire vise en ce moment même une quinzaine d’élus et une trentaine d’assistant-es, du FN comme de la droite, de la gauche et des écologistes, dont actuelle ministre chargée des affaires européennes et proche de François Bayrou, Marielle de Sarnez.

Plus proche de nous, le parquet de Brest a ouvert une enquête préliminaire qui vise Richard Ferrand, actuel ministre de la cohésion des territoires, dans une affaire « de montage immobilier ».

C’est donc dans ce contexte, déjà plongé dans les affaires juridiques jusqu’au cou, que le gouvernement veut « moraliser » la vie politique. En matière de ravalement de façade, on a vu beaucoup mieux. Et même s’il ne s’agit pas de mises en examen mais bien des enquêtes préliminaires, la moindre des choses qu’on peut attendre de ces ministres-là, c’est tout simplement leur démission immédiate.

Au delà des enquêtes en cours, il y a aussi des certitudes, comme par exemple la présence dans ce gouvernement des lobbystes du nucléaires, de l’industrie pharmaceutique et de l’industrie du vin, entre autres. On peut sincèrement douter du fait qu’une simple loi empêche les conflits d’intérêts et les trafics d’influence sans remettre à plat le système qui cause ces dérives, le capitalisme. Comme si la vie politique et la vie économique faisaient deux choses totalement distinctes qu’une mesure juridique peut garder comme telles.

Finalement, la vie d’entreprise est la grande absente dans les débats sur la démocratie ce qui est aussi évident dans la loi Bayrou. Il est impossible de faire l’abstraction de l’entreprise et du système de prise de décision dans les entreprises des débats sur la démocratie. D’ailleurs, celles et ceux qui vivent une dictature totale dans les entreprises sont celles et ceux qui ne sont absolument pas représenté-es au parlement. Il s’agit des salarié-es.

Pas un mot non plus sur le sexisme, le racisme et l’antisemitisme. Comment avoir « confiance dans la vie démocratique » et parler de la morale quand celles et ceux qui luttent contre les licenciements et le recul de nos droits se retrouvent en prison et ceux qui licencient au parlement ? Quand celles qui luttent pour les droits des femmes et contre la violence machiste font face à des procès, alors que les violeurs et harceleurs participent dans l’élaboration des lois ? Quand on s’acharne contre les militant-es antiracistes, les personnes solidaires des réfugié-es, pendant que les racistes et antisémites arpentent les couloirs au plus haut sommet de l’Etat ?

Pour une vie politique et démocratique dans laquelle on peut commencer à avoir confiance, ce sont les salarié-es qui doivent gérer les entreprises et avoir plus d’impact sur les sujets de société.

C’est exactement l’essence et le projet politique de Travail & Démocratie. Le projet porté par les salarié-es, elles/eux memes. Non des lois de façades, mais un remaniement total et en profondeur de la démocratie dans toutes les sphères de la vie, au sein des institutions de l’Etat, sur nos lieux de vie, comme au sein même des entreprises.

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