L’UE, Syrie… la politique de Macron est un danger

La voie empruntée par Emmanuel Macron concernant l’Union Europeenne et ses récentes déclarations sur la Syrie representent un volte-face à 180° par rapport à sa ligne pendant la campagne électorale. D’un côté la réactivation pas de la construction européenne mais du seul couple France-Allemagne, de l’autre un pacte à peine voilé avec Poutine, marquent la fin des illusions, pour celles et ceux qui en avaient, quant au côté progressiste du candidat du Medef.

Le soir de l’élection d’Emmanuel Macron, on pouvait apercevoir clairement les drapeaux européens et les drapeaux de la révolution syrienne dans la foule réunie. C’était un symbole fort porté par celles et ceux dont les idéaux ont été malmenés pendant des mois. Car ce sont bien l’Europe et la Révolution syrienne, l’internationalisme, le soif de la démocratie et de la liberté et celles et ceux qui se battent pour ça qui ont été bafouées, salies, traînées dans la boue pendant la campagne présidentielle.
Certain-e-s ont trouvé en la personne de Macron le défenseur de l’Europe et de la Révolution syrienne, entre autres. Vu ce qu’il y avait en face, comment leur en vouloir au fait ? Mais ce choix critiquable hier l’est davantage aujourd’hui. Force est de constater qu’ils ont eu tort et aujourd’hui on le voit clairement.
Macron renforce le couple franco-allemand au détriment de la véritable construction européenne. 
La construction européenne continuera comme jusqu’à maintenant, sans un mot sur l’élargissement, sur la refondation démocratique des institutions, ni sur l’Europe sociale ou encore l’accueil des réfugié-es. D’un coté même l’Allemagne accepte de faire ce que les nationalistes français de tous bords disaient « impossible » : modifier les traités. Mais les modifier à la demande de Macron et sa vision de l’Europe incontestablement  en faveur des plus grands pays membres et du patronat de ces pays. De l’autre coté, et dans la même ligne, Macron s’engage dans un bras de fer avec des petits pays membres de l’Union Européenne adoptant une attitude hautaine notamment avec ceux de l’Europe centrale. Ainsi les déclarations sur l’abus du « dumping social » ou encore « l’Europe n’est pas un supermarché » lancées par Macron en direction de, par exemple, Pologne, Roumanie ou Bulgarie pourraient être justes sur le fond mais la France et l’Allemagne devraient appliquer ces principes elles-mêmes avant tout. N’envisager la suite de la construction européenne que par la mise en place d’un ministère commun du budget et de la finance, voulu par la France et l’Allemagne, n’est en rien un pas en avant et est très loin du virage social souhaité par la population.
La Syrie, vendre du rêve pour faire perdurer le cauchemar.
Et finalement, sur la Syrie, Macron déclare que le départ d’Al-Assad « n’est pas préalable à tout » et que « Assad n’est pas l’ennemie de la France ». Il rajoute : « on ne m’a pas encore presenté un successeur fiable ». Vraiment ? Et qu’en est-il de ces millions de personnes assoiffées de la liberté qui se sont soulevées et luttent depuis 6 ans ?
Paris n’a pas fait grand chose pour aider les démocrates syriens mais a au moins tenu une ligne anti-Assad claire. Ce qui était en partie défendu pendant la campagne électorale est balayé d’un coup au profit de nouvelles alliances et nouveaux pactes, notamment avec les Etats soutiens d’Assad comme le régime du Kremlin. Macron adopte finalement la même ligne des suppôts à Poutine, saluée par le dictateur sanguinaire de Syrie.
En finir avec les illusions et construire une véritable opposition progressiste.
Au final, c’est de la pure logique. Comment attendre de Macron d’être réceptif aux souhaits de la vie digne des êtres humains quelque part au Moyen-Orient alors qu’il se prépare de malmener la notre ici ? Comment en attendre d’accepter cette volonté d’une autre Europe, démocratique, égalitaire, libre et ouverte alors que son seul but est de rendre le patronat et les actionnaires toujours plus forts au detriment des droits et libertés des salarié-es  ?
Aujourd’hui, il est temps d’en finir avec les illusions et construire une réelle opposition progressiste. Si nous nous sommes réuni-e-s autour de Travail & Démocratie, ce n’est pas seulement pour défendre un projet de société prenant en compte les seuls intérêts du monde du travail, mais aussi pour proposer une ligne cohérente sur des sujets comme l’Europe et le soutien aux progressistes au Moyen-Orient et ailleurs dans le monde.

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