[Vidéo] Benoit Hamon, un candidat courageux… à moitié

Depuis quelques semaines se déroulent les primaires de la « Belle Alliance Populaire », dite le PS. Au premier tour, dimanche 22 janvier, entre 1 500 000 et 2 000 000 de personnes se sont rendues aux urnes pour départager les candidats. Enfin, pour l’instant on ne connaît pas encore la participation exacte, vu le cafouillage et des chiffres erronées, voire fausses. Néanmoins, je m’abstiendrais de critiquer l’organisation, d’abord parce que je n’y ai pas participé, en suite, parce qu’il n’est pas certain que l’on l’aurait fait beaucoup mieux. Pourtant ce cafouillage a été lourdement critiqué et a occupé pas mal de place dans l’espace médiatique au détriment des sujets bien plus importants.

Les médias sont toujours à l’affût des infos croustillantes, ça s’explique. Par contre, lorsque les accusations de manque de démocratie et de transparence viennent de Jean Luc Mélenchon et ses « insoumis » , ( insoumis, sauf à lui, à la patrie et à Poutine) quand on connaît le temps et l’énergie qu’ils ont dépensé pour nous vendre « une élection démocratique » en Syrie sous le régime sanguinaire de Al-Assad, responsable de la mort de 300 000 personnes, tout prend l’air d’un navet, même pas drôle.

Bref, revenons à la primaire. Une primaire, qui par les propositions n’a rien à nous faire sauter de joies, mais qui était par contre bien plus riches que celle de la Droite où les candidats étaient à peu près tous d’accord sur la casse du Code du Travail et de la Sécurité Sociale, sur la suppression des postes, notamment des fonctionnaires, sur les subventions aux entreprises et bien entendu la suppression de l’ISF. Cette fois on pouvait distinguer malgré tout deux lignes qui s’affrontent, une très droitière menée par Manuel Vals et une à la recherche de la gauche menée par Benoit Hamon et d’une certaine manière Arnaud Montebourg.

Les résultats ont été nets et assez surprenants. C’est bien Benoit Hamon qui en ressort vainqueur devant Manuel Valls et Arnaud Montebourg, pourtant donné favori surtout dans une stratégie « tout sauf Valls ». Il est évident que ce n’était pas la seule raison et que le Revenu Universel de Base défendu, autres autres propositions, par Benoit Hamon a été plutôt bien accueilli par les votant-es.

L’objet de cette intervention n’est pas à décortiquer des propositions, une par une. On s’exprimera sur ce sujet prochainement.

Le fait est que même Benoit Hamon avait du mal à s’exprimer sur cette proposition. En fait entre deux tours, les proches de Valls largement aidés par une bonne partie de journalistes et d’éditorialistes, sans parler de la Droite et l’extrême droite, se sont lancés dans une propagande contre Benoit Hamon. Lors que Benoit Hamon voulait parler le Revenu Universel de Base, on lui retorquait « laicité ???». Lors qu’il voulait causer de la pollution et de l’environnement, on lui répondait : « islamisme ??? ». Lors qu’il voulait dire un mot sur les emplois et le chômage, on le reprenait «  le voile ??? ». Benoit Hamon a eu une attitude courageuse voulant recentrer les débats sur des questions sociales.

Mais on peut le remarquer encore une fois, ce sont bien les musulmans et surtout musulmanes, et supposées telles, dont on voulait faire le débat public, sans qu’elles le demandent.

Cette propagande « anti-Hamon » est allée jusqu’aux propos clairement racistes venus de la Droite et l’extrême droite, sans trop de réactions à gauche, sous forme de la campagne : « Bilal Hamon ». A ce propos, Benoit Hamon a déclaré lors d’une intervention qu’il était plutôt content que l’on l’appelle Bilal, et que même si c’était Bilal, Elie ou David il en serait fier. Dans l’ambiance raciste, notamment anti-arabe et antisémite, il a indéniablement eu une attitude courageuse que l’on ne peut que saluer. Néanmoins, s’il s’agit réellement du courage politique, il faut quand même savoir que l’on ne peut pas être « courageux qu’à moitié ». Ça s’appelle plutôt de l’opportunisme et de la démagogie, et la place est déjà bien prise par Jean-Luc Melenchon.

Je ne souhaite pas soulever les interrogations basées sur les hypothèses et les « on dit ». Je ne veux non plus croire aveuglement aux suspicions, comme celles venues d’une revue aux abois et problèmes financiers, Marianne, dont la Direction menant ses salariées directement dans le mur et vers un plan social, n’a pas encore compris qu’il ne suffit pas d’être islam’obsessionnel pour faire tourner un média. D’autres sujets, un peu de travail journalistique, de professionnalisme et de compétences sont tout de même nécessaires.

Non, je veux parler des faits. Où était le courage de Benoit Hamon lorsque celui ci faisait partie d’un gouvernement qui s’est illustré surtout par l’austérité touchant les plus vulnérables, les expulsions des rroms et des réfugiés, la participation dans la mise en place de « l’Europe Forteresse » et les lois contre le monde du travail ? Où était ce courage lorsqu’il fallait appliquer l’ABCD de l’égalité censé lutter contre le sexisme à l’école, au lieu de reculer et le retirer face à la mobilisation des réactionnaires et intégristes ? Il est vrai que Benoit Hamon a attendu le lancement dans la course à la primaire pour demander par exemple la libération de Jacqueline Sauvage. Il est vrai qu’au même moment il était l’un des seuls à parler des violences masculines et de l’importance de la lutte contre ces violences et le sexisme. Il a donc attendu pour devenir courageux ?

Ce dernier sujet est si important pour le PS, dont Benoit Hamon devient le candidat, et les médias que sur 10h des débats transmis à la télé lors de la primaire du PS, seules 15 minutes ont été réservées à la question des violences masculines, la lutte contre le sexisme et pour l’égalité.

Et pourtant, oui, dans une époque de la contre-révolution patriarcale et traditionaliste c’est bien le sujet qui doit occupé la place centrale. Même si l’on ne participe pas directement dans ces élections présidentielles et législatives, Initiative communiste ouvrière veut mettre l’accent sur ces sujets là pour préparer les échéances qui viennent.

A présent je vous invite à continuer cette discussion dans les commentaires, à partager cette vidéo, à visiter le site internet et les propositions. Vous pouvez également adhérer à ICO, le parti du monde de travail, et que l’on porte ensemble un programme cruellement nécessaire aujourd’hui et qui défend les intérêts et les besoin des salarié-es.

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