Soutien à la population de Guyane !

Au nom de Travail & Démocratie, je salue et soutiens la mobilisation de la population de Guyane face à la situation intolérable qu’elle vit. Nous condamnons avec la plus grande fermeté le mépris du gouvernement de l’Etat français à l’égard de la population guyanaise et le manque de serieux dans la prise en compte de ses revendications. 

Le 21 mars les salarié-es de l’EDF en Guyane ont bloqué le lancement de la fusée Ariane. Cette action faisait suite à une mobilisation nationale des salarié-es d’EDF concernant la revalorisation de leur salaire. Dans le cas des salarié-es en Guyane, ce mouvement de grève avait aussi comme revendication l’alignement des salaires à ceux pratiqués en métropole. Les salarié-es n’ont non seulement obtenu gain de cause, le lendemain, mais ont également enclenché des mouvements sociaux massifs.

Ainsi, depuis le début de la semaine, plusieurs mouvements sociaux paralysent la Guyane. Ils regroupent des salariés d’EDF, les personnels des hôpitaux, des collectifs contre l’insécurité, des différents collectifs des socio-professionnels, des transporteurs. Bref, un reel soulèvement face à une situation intolérable : plus de 20% de chômage, la moitié de la population faisant face à la pauvreté, un quart n’a pas l’accès à l’eau potable et l’énergie, l’insécurité et la violence battant le plein, le système de santé et d’éducation avec des sérieux dysfonctionnements. 

Les organisations syndicales soutiennent et se sont jointes à la population mobilisée. Ce samedi 25 mars, les 37 syndicats réunis au sein de l’Union des travailleurs guyanais (UTG-CGT) ont voté à l’unanimité la grève générale, à compter de lundi 27.   

La ministre des Outre-mer Ericka Bareigts tellement préoccupée par la situation des guyanais-es n’a rien trouvé de mieux qu’appeler à la levée des barrages et proposer des discussions dans ses beaux bureaux à Paris, et non en Guyane, autour de l’économie, de la santé et de la sécurité, principaux sujets de revendication. Tout ça pendant que « Pacte pour l’Avenir de la Guyane », promis par François Hollande, traîne dans les tiroirs déjà  depuis 2013. 

 

Face à cette preuve ultime du mepris de la part de l’Etat français,  les manifestant-es ont eu raison de refuser une négociation à Paris. 

 

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve envoie donc « une mission interministérielle de haut niveau »… mais sans aucun ministre. Cazeneuve organise plus serieusement et mobilise bien plus de moyens humains même lors de ses visites familiales dans son fief de Cherbourg ! 

De toute évidence le gouvernement continue à faire sourde oreille et à ne vouloir comprendre ni la gravité de la situation ni le désespoir des habitant-es de Guyane. Peut-être qu’il comprendra leur détermination.

Car les revendications des manifestant-es sont très claires : du travail, des salaires décents, des logements, un accès à la Santé, l’éducation et la paix pour toutes et tous. Bref, une meilleure vie que celle proposée par la politique de l’Etat français dont le comportement vis-à-vis des DOM-TOM, en faisant des « français de seconde zone », exprime toujours une certaine nostalgie de la période coloniale. 

Guyane - mobilisation
D’énormes embouteillages suite à la mobilisation en Guyane

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